Tests et évaluation

Les tests en psychomotricité : la liste par domaine et par âge

Les tests les plus utilisés en bilan psychomoteur, classés par domaine : ce que chacun évalue, son déroulement, sa cotation, son âge et son éditeur.

Mis à jour le · 14 min de lecture

Il n’existe pas de liste officielle des tests à utiliser lors d’un bilan psychomoteur : le choix revient au psychomotricien, selon la demande, l’âge du patient et les domaines à explorer. Certains outils sont pourtant devenus des références. Voici les plus utilisés en France, classés par domaine : pour chacun, ce qu’il évalue, comment il se déroule, comment il se cote et ce qu’il faut garder en tête pour l’interpréter.

Avant de choisir un test

  • Test étalonné ou épreuve clinique. Un test étalonné compare le patient à un groupe de référence du même âge et donne un score normé. Une épreuve clinique, sans normes ou avec des normes anciennes, renseigne surtout par l’observation.
  • L’édition compte. Deux éditions d’un même test n’ont ni les mêmes épreuves ni les mêmes normes. Notez toujours l’édition utilisée dans le compte rendu.
  • L’âge exact détermine l’étalonnage. Calculez-le au jour de la passation, en années et en mois.
  • L’accès est encadré. Les éditeurs réservent la plupart des tests aux professionnels qualifiés ; les conditions figurent sur chaque fiche produit. Le matériel et les feuilles de notation sont protégés : on les achète, on ne les photocopie pas.

Les scores normés les plus courants : la note standard (souvent de 1 à 19, moyenne 10, écart-type 3), le score z (écart à la moyenne en écarts-types) et le percentile (pourcentage d’enfants du même âge qui obtiennent un résultat inférieur ou égal). Un percentile n’est pas un pourcentage de réussite.

Batterie générale

NP-MOT

Conçue par Laurence Vaivre-Douret et éditée par ECPA, la NP-MOT évalue le niveau de maturation des fonctions neuro-psychomotrices des enfants de 4 à 12 ans et plus. Elle explore notamment le tonus avec des épreuves étalonnées, ce qui la distingue de l’examen clinique habituel.

  • Tonus passif : extensibilité des membres, mesurée en degrés, et ballant du poignet et du pied.
  • Tonus actif : diadococinésies (mouvements alternatifs rapides), syncinésies et tonus en position debout.
  • Latéralité : gestuelle spontanée, usuelle et sociale, ainsi que la latéralité de l’œil.
  • Dextérité manuelle, par exemple remplir une boîte de jetons, cotée en rapidité et en qualité.
  • Praxies manuelles et gnosies digitales.
  • Intégration du corps dans l’espace : par rapport à soi, en imitation, par rapport aux objets et sur plan.
  • Rythme et attention auditive.

Chaque fonction est notée indépendamment, avec ses propres normes par tranche d’âge ; certaines distinguent le sexe et le niveau scolaire. On peut faire passer la batterie complète, en 1 h 30 environ, ou n’explorer qu’une fonction, ce qui en fait aussi un outil de suivi. Elle existe en version papier et en version numérique.

Motricité globale et coordinations

M-ABC-2

Le Movement Assessment Battery for Children, deuxième édition, est le test de référence des difficultés motrices de l’enfant. L’adaptation française de 2016, éditée par ECPA (Pearson), couvre les enfants de 3 ans à 16 ans 11 mois.

Déroulement. L’enfant passe huit épreuves adaptées à son groupe d’âge (3-6 ans, 7-10 ans ou 11-16 ans), regroupées en trois domaines. Chez les 7-10 ans, par exemple :

  • Dextérité manuelle : placer des chevilles, enfiler un lacet, suivre un trajet au feutre ;
  • Viser et attraper : attraper une balle à deux mains, lancer un sac sur une cible ;
  • Équilibre : tenir en équilibre sur une planche, marcher talon-pointe, sauter à cloche-pied.

Certaines épreuves se font avec chaque main ou chaque jambe. Les performances brutes sont des temps, des nombres d’erreurs, de réussites ou de pas, selon l’épreuve ; le manuel prévoit des codes lorsqu’une épreuve est refusée ou inadaptée.

Cotation. Chaque performance est convertie en note standard d’épreuve (de 1 à 19, moyenne 10). Les notes des épreuves donnent une note par domaine et une note totale, chacune avec son percentile. La note totale se lit selon un système de couleurs :

  • zone rouge, au 5e percentile ou en dessous : difficulté motrice significative ;
  • zone orange, jusqu’au 15e percentile environ : risque de difficulté motrice (le manuel précise le traitement exact de cette borne) ;
  • zone verte au-delà : hors des zones d’alerte du test.

Le cahier de notation réserve aussi une place aux observations qualitatives : posture, stratégies, réaction à l’échec. Une zone verte ne garantit pas l’absence de difficulté : un domaine faible ou une exécution très coûteuse méritent d’être décrits.

Le questionnaire. Distinct du test, il est rempli par un adulte qui connaît bien l’enfant, de 5 à 12 ans. Ses parties A et B comptent chacune 15 questions sur les gestes du quotidien (soins personnels, classe, jeux de ballon, récréation), cotées de 0 à 3 ; plus le total est élevé, plus les difficultés rapportées sont importantes, avec des zones par âge. La partie C recense des facteurs non moteurs et ne s’ajoute pas au total. Comparer le test et le questionnaire est souvent éclairant : une divergence ouvre une discussion clinique, pas une correction de l’un par l’autre.

Pearson a annoncé une troisième édition, le MABC-3, qui étend la tranche d’âge jusqu’à 25 ans 11 mois.

TGMD-2

Le Test of Gross Motor Development, édité en France par Hogrefe, évalue douze habiletés de motricité globale chez l’enfant de 3 à 10 ans, réparties en deux sous-tests : la locomotion (courir, galoper, sauter à cloche-pied, bondir, sauter en longueur, pas chassés) et le contrôle d’objets (frapper, dribbler, attraper, botter, lancer par-dessus l’épaule, faire rouler une balle). Chaque habileté se cote sur la qualité du mouvement, à partir de critères observables, plutôt que sur le résultat : il renseigne sur la manière de bouger plus que sur la performance.

Échelle de coordination motrice de Charlop-Atwell

Conçue pour les jeunes enfants (4 à 6 ans dans sa version originale) et adaptée en français par Jean-Michel Albaret, elle évalue la coordination motrice globale à travers des tâches simples et rapides à faire passer. Elle distingue une note objective, la réussite de la tâche, et une note subjective, la qualité du mouvement. Utile en dépistage chez le jeune enfant, elle se complète par un test plus détaillé si elle met en évidence des difficultés.

Questionnaires de repérage du TDC

Le DCDQ-FE, version française pour l’Europe du Developmental Coordination Disorder Questionnaire, est rempli par les parents d’enfants de 5 à 15 ans. Ils situent leur enfant sur 15 situations du quotidien (contrôle du mouvement, motricité fine et écriture, coordination générale) en le comparant aux enfants de son âge. Sa validation a été menée avec le M-ABC-2 comme référence : un seuil de 56 points y repère 85 % des enfants présentant des difficultés. Le LDCDQ-FE est sa version pour les enfants plus jeunes. Ce sont des outils de repérage : ils orientent l’évaluation, ils ne la remplacent pas.

Graphomotricité et écriture

BHK

Le BHK, échelle d’évaluation rapide de l’écriture (ECPA, 2004), aide à mettre en évidence une dysgraphie chez les élèves du CP au CM2.

Déroulement. L’enfant recopie un texte pendant cinq minutes, à son rythme habituel.

Cotation. Le BHK donne deux résultats indépendants, comparés aux normes de la classe :

  • la qualité, cotée sur les cinq premières phrases à partir de 13 critères : taille de l’écriture et inclinaison de la marge, notées de 0 à 5, puis onze critères présents ou absents dans chaque phrase (lignes non planes, mots serrés, écriture chaotique, liens interrompus entre les lettres, télescopages, variation de hauteur des lettres, hauteur relative incorrecte, distorsion des lettres, formes ambiguës, lettres retouchées, hésitations et tremblements) ;
  • la vitesse, c’est-à-dire le nombre de caractères écrits en cinq minutes.

Plus le score de qualité est élevé, plus l’écriture est dégradée. Les transparents de correction fournis avec le test servent aux mesures. Observez aussi la posture, la prise de l’outil, l’organisation de la page, la fatigue et la douleur : ces éléments orientent la rééducation.

BHK Ado

Le BHK Ado (ECPA, 2013), de Régis Soppelsa et Jean-Michel Albaret, prend le relais au collège, de la 6e à la 3e. Le principe est le même (copie de cinq minutes, qualité et vitesse), mais la qualité se cote sur les phrases 6 à 10, avec des critères adaptés à l’écriture de l’adolescent : variation et hauteur relative des lettres, télescopages, lettres ambiguës, majuscules à l’intérieur des mots, parallélisme des lignes, stabilité de la taille des mots et de certaines lettres.

Praxies et visuo-construction

Imitation de gestes de Bergès et Lézine

L’examinateur montre des gestes que l’enfant reproduit face à lui : des gestes simples des mains et des bras, puis des gestes complexes des doigts. L’épreuve renseigne sur les praxies, la connaissance du corps et la capacité à transposer un modèle vu en face. Étalonnée à l’origine sur 489 enfants de 3 à 6 ans, elle reste très utilisée pour l’analyse qualitative des erreurs (inversions, approximations, gestes en miroir) ; ses normes sont anciennes, à manier avec prudence.

Figure complexe de Rey

Le patient copie une figure géométrique complexe, puis la reproduit de mémoire quelques minutes plus tard. La figure compte 18 éléments, cotés selon leur présence, leur exactitude et leur place. Au-delà du score, la stratégie de copie est instructive : l’enfant construit-il d’abord l’armature de la figure, ou juxtapose-t-il des détails ? L’épreuve évalue ainsi les fonctions visuo-constructives, la planification et la mémoire visuelle. Rey a également proposé une figure plus simple pour les jeunes enfants, la figure B.

Latéralité, orientation et rythme

Épreuve d’orientation droite-gauche de Piaget-Head

Elle évalue la connaissance de la droite et de la gauche à trois niveaux de difficulté croissante : sur soi (« montre-moi ta main droite »), sur autrui, face à l’examinateur, ce qui suppose d’inverser son point de vue, puis dans la position relative d’objets. Les items les plus difficiles, qui demandent de se décentrer, sont généralement réussis vers 8 ou 9 ans.

Structures rythmiques de Mira Stambak

L’examinateur frappe des structures rythmiques, de plus en plus longues, que l’enfant reproduit après les avoir entendues. On évalue aussi le tempo spontané, la cadence que l’enfant adopte naturellement. L’épreuve explore l’organisation temporelle, la perception et la mémoire du rythme.

Latéralité et schéma corporel

La latéralité (main, œil, pied) s’évalue par des gestes usuels et des épreuves de visée : lancer, écrire, viser dans un tube, shooter. On distingue la latéralité spontanée de celle qui a été apprise, et l’on note les discordances entre main, œil et pied. La connaissance du corps s’évalue par la désignation des parties du corps sur soi et sur autrui, l’imitation de postures et le dessin du bonhomme. Les observations comptent ici davantage qu’un score isolé.

Attention et fonctions exécutives

Laby 5-12

Le test des labyrinthes d’Albaret, Soppelsa et Marquet-Doléac (Hogrefe, 2010), inspiré des labyrinthes de Porteus, s’adresse aux enfants de 5 à 12 ans et se fait passer en 5 à 10 minutes. Il évalue la capacité à planifier une action avant de l’engager, et l’impulsivité.

Déroulement. L’enfant trace au crayon le chemin de sortie de labyrinthes de difficulté croissante. Quatre versions existent : une version de dépistage (6 labyrinthes) et une version standard (9 labyrinthes), chacune pour les 5-7 ans et pour les 8-12 ans.

Cotation. Pour chaque labyrinthe, on relève le temps, les lignes coupées, les entrées dans de mauvaises directions et la distance parcourue en trop dans les impasses. Des indices rapportent ces erreurs au temps passé, dont un indice global d’erreurs ; ils se comparent aux normes du manuel. Un enfant rapide qui accumule les erreurs n’a pas le même profil qu’un enfant lent et précis : l’analyse des erreurs guide la prise en charge. Le test sert au repérage des troubles des fonctions exécutives, notamment dans le cadre d’un TDAH, et au suivi.

d2-R

Le test d’attention concentrée révisé (Hogrefe) est une épreuve de barrage : sur 14 lignes de lettres, le patient barre le plus vite possible les « d » accompagnés de deux traits, parmi des lettres proches qui servent de distracteurs. Il dispose de 20 secondes par ligne.

La première et la dernière ligne ne sont pas cotées. On compte les cibles traitées, les omissions (cibles oubliées) et les confusions (distracteurs barrés). On en tire un score de concentration, les cibles traitées moins les erreurs, et un pourcentage d’erreurs. Le croisement du rythme et de l’exactitude décrit un style de travail : rapide mais imprécis, lent mais exact… L’évolution des résultats d’un bloc de lignes à l’autre, rapprochée de l’observation, peut éclairer la fatigabilité. Vérifiez dans le manuel les tranches d’âge de l’étalonnage français.

Stroop

Le Stroop évalue l’inhibition, c’est-à-dire la capacité à bloquer une réponse automatique. Après des planches de lecture de noms de couleurs et de dénomination de couleurs, la planche d’interférence demande de nommer la couleur de l’encre d’un mot qui désigne une autre couleur : écrit « rouge » en vert, il faut dire « vert ». Dans la version ECPA, chaque planche dure 45 secondes ; on relève les réponses correctes, les erreurs et les hésitations. Le Stroop est aussi très utilisé en neuropsychologie.

Traitement sensoriel

Profil sensoriel 2

Fondé sur le modèle de Winnie Dunn, le Profil sensoriel 2 (adaptation française ECPA, 2023) mesure l’impact des particularités sensorielles sur la vie quotidienne, de 7 mois à 14 ans 11 mois. Il réunit trois questionnaires : Jeune enfant (7 à 35 mois) et Enfant (à partir de 3 ans), remplis par les parents, et Scolaire, rempli par un enseignant qui voit l’enfant régulièrement.

Les réponses décrivent la fréquence de comportements face aux stimulations (bruits, toucher, mouvement, odeurs…). Elles se lisent selon quatre profils :

  • Recherche : l’enfant recherche activement les sensations ;
  • Évitement : il se protège des stimulations qui le submergent ;
  • Sensibilité : il remarque et réagit à plus de stimulations que les autres ;
  • Enregistrement : il remarque moins les stimulations que les autres.

Ce n’est pas un test de performance : il éclaire des comportements du quotidien et oriente les aménagements, à la maison comme à l’école. Pour les adultes avec autisme, Hogrefe publie l’ESAA, échelle d’évaluation sensorielle de l’adulte avec autisme.

Tonus

En dehors de la NP-MOT, le tonus s’évalue surtout par l’examen clinique :

  • l’extensibilité : l’amplitude maximale d’un mouvement imposé à un membre, en comparant les deux côtés ;
  • la passivité : le ballant d’un membre que l’on secoue, qui renseigne sur la capacité à se relâcher ;
  • les paratonies : la difficulté à relâcher volontairement un membre ;
  • les syncinésies : les mouvements involontaires qui accompagnent un geste, par exemple la main opposée qui imite la main active ;
  • la régulation tonique pendant l’effort, l’attente et l’émotion, observée tout au long du bilan.

Adultes et personnes âgées

Examen géronto-psychomoteur (EGP)

L’EGP de Jean-Michel Albaret, Séverine Michel et Régis Soppelsa (Hogrefe, 2011) évalue le vieillissement psychomoteur et cognitif à travers 17 items : équilibre, mobilisations articulaires, praxies, connaissance du corps, mémoire, vigilance, perceptions, repères dans l’espace et le temps, communication… La passation individuelle dure environ une heure.

Il sert au dépistage, à l’élaboration du projet thérapeutique et à l’évaluation de l’autonomie dans les gestes du quotidien. Son profil met en évidence les capacités préservées, sur lesquelles s’appuie l’accompagnement, autant que les fragilités.

Test de Tinetti et Timed Up and Go

En gériatrie, deux tests rapides complètent souvent l’évaluation de l’équilibre et de la marche, notamment pour apprécier le risque de chute. Le test de Tinetti observe l’équilibre en position assise et debout, puis la marche, et donne un score total sur 28. Le Timed Up and Go chronomètre le temps nécessaire pour se lever d’une chaise, marcher trois mètres, faire demi-tour et revenir s’asseoir.

Tableau récapitulatif

Bien utiliser ces tests

  • Partez de la demande. Le motif du bilan oriente le choix des domaines à explorer, puis des tests ; inutile de tout faire passer à chaque patient.
  • Respectez la passation standardisée. Consignes, démonstrations, matériel et temps limites conditionnent la validité de la comparaison aux normes. Si vous adaptez la passation, notez-le et n’utilisez pas les normes.
  • Croisez les sources. Un score isolé ne suffit pas : rapprochez-le des observations pendant la passation, des questionnaires et du retentissement au quotidien.
  • Regardez comment le patient réussit ou échoue. Stratégies, fatigabilité, tension, réactions à l’échec : ces observations donnent leur sens aux chiffres.
  • Présentez les résultats domaine par domaine. Le compte rendu se lit plus facilement organisé par domaine que par test. Notre guide Compte rendu de bilan psychomoteur détaille comment les présenter.

Questions fréquentes

Quel test pour évaluer un trouble développemental de la coordination ?

Le M-ABC-2 est le test de référence pour objectiver les difficultés motrices, souvent complété par un questionnaire comme le DCDQ-FE ou celui du M-ABC-2, et par le BHK lorsque l’écriture est en cause. Le diagnostic de TDC revient au médecin : le psychomotricien décrit un profil compatible et l’adresse au médecin.

Un bilan psychomoteur doit-il comporter des tests étalonnés ?

Aucun texte n’impose de tests précis. Les tests étalonnés apportent une comparaison objective avec les enfants du même âge, utile au médecin, à la MDPH et pour mesurer l’évolution ; l’observation clinique reste indispensable pour les interpréter.

Combien de temps prévoir pour un bilan ?

Cela dépend des domaines explorés et de la fatigabilité du patient. Une batterie complète comme la NP-MOT demande à elle seule environ 1 h 30, quand un Laby 5-12 se fait passer en quelques minutes : le bilan se répartit souvent sur plusieurs séances.

Où se procurer ces tests ?

Auprès de leurs éditeurs, principalement ECPA (Pearson Clinical France) et Hogrefe, qui vérifient la qualification de l’acheteur. Certains questionnaires de recherche, comme le DCDQ-FE, sont diffusés par les équipes qui les ont validés.

Sources